Bafoussam, 200 hectares dans la nouvelle carte industrielle de la MAGZI à l'horizon 2035
29 octobre 2026 — Atipik Group

# Bafoussam, 200 hectares dans la nouvelle carte industrielle de la MAGZI à l'horizon 2035
**Chapô** — Bafoussam figure parmi les villes retenues dans le plan d'extension de la Mission d'aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI) : 200 hectares y sont identifiés, dans un programme national de 9 101 hectares de nouvelles zones industrielles à l'horizon 2035. Pour la capitale régionale de l'Ouest, c'est une place à prendre dans la carte industrielle du Cameroun de demain — à condition que le financement suive.
## Un plan national de 9 101 hectares
Présenté lors d'un atelier organisé avec l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), le plan de la MAGZI vise à élargir considérablement l'offre de terrains industriels aménagés au Cameroun. L'objectif affiché est de renforcer la transformation locale des matières premières, d'attirer davantage d'investissements productifs et d'améliorer la place des entreprises camerounaises sur les marchés régionaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Au total, 9 101 hectares de nouveaux sites sont identifiés à travers le pays. Kribi, avec 5 000 hectares, concentre à elle seule plus de la moitié de cette superficie, devant Limbé (1 000 hectares), Dibombari et Maroua (500 hectares chacun), Yassa, Edéa et Mbankomo (300 hectares chacun), Nomayos (201 hectares), Ebolowa, Kyé-Ossi et Minim-Martap (150 hectares chacun). Bafoussam, avec 200 hectares, s'inscrit dans ce second cercle de villes appelées à structurer le réseau industriel au-delà des pôles historiques de Douala et de Yaoundé.
## Ce que pèsent déjà les zones MAGZI
La MAGZI n'est pas un nouvel acteur : créée en 1971, puis transformée en société d'État par le décret n° 2019/205 du 24 avril 2019, elle gère aujourd'hui 11 zones industrielles couvrant 1 293 hectares aménagés, pour un patrimoine foncier total de 2 277 hectares. Ses sites sont implantés à Bonabéri, Bassa, Yaoundé-Sud, Ombé, Garoua, Ngaoundéré, Bafoussam, Bamenda-Nkwen, Koumé-Bonis et Mandjou-Kano.
Le réseau accueille 405 entreprises qui emploient plus de 20 000 personnes. Selon les chiffres présentés dans le dossier de presse de l'atelier MAGZI-ONUDI, ces entreprises ont généré une production évaluée à 4 622,15 milliards de FCFA en 2023, soit 3,14 % de la production nationale, et une valeur ajoutée estimée à 1 383,2 milliards de FCFA, avec une contribution de 0,4 point à la croissance du PIB. Autrement dit, les zones industrielles existantes pèsent déjà dans l'économie nationale — et leur extension, si elle aboutit, peut changer d'échelle pour des villes comme Bafoussam.
## Le financement, le vrai défi
Le plan ne cache pas son point faible : le financement. La MAGZI elle-même indique qu'elle n'a mobilisé qu'environ 20 milliards de FCFA sur près de cinquante ans, très loin des besoins d'un programme de 9 101 hectares. L'entreprise publique plaide donc pour la création d'un fonds national de développement et de financement des zones industrielles, qui pourrait être alimenté par des ressources fiscales, des subventions permanentes, une ouverture du capital et des contributions de partenaires multilatéraux.
C'est aussi le sens de la coopération avec l'ONUDI, engagée depuis mai 2023 : moderniser la gestion de la MAGZI, renforcer ses capacités, mettre à niveau les zones existantes et préparer les nouveaux sites. Une enquête économique menée du 17 novembre 2025 au 17 février 2026 auprès de 200 entreprises installées dans les zones de Bassa, Bonabéri, Ombé, Yaoundé, Bertoua, Bamenda, Ngaoundéré et Garoua doit aider à identifier les besoins de mise à niveau, les freins à la compétitivité et les projets prioritaires à soumettre aux pouvoirs publics et aux partenaires financiers.
## Ce que Bafoussam doit en attendre — et surveiller
Pour Bafoussam, l'enjeu est concret : une zone de 200 hectares viabilisée, raccordée aux infrastructures de transport et d'énergie et sécurisée sur le plan foncier, peut accueillir des unités de transformation agroalimentaire, des ateliers et des services aux entreprises, et créer des emplois locaux.
Mais le dossier en est encore au stade du plan identifié, pas d'un chantier annoncé avec un calendrier de travaux : Atipik News le dit clairement à ses lecteurs. La suite à surveiller, pour Bafoussam, sera la viabilisation effective du site, le montage financier du fonds national évoqué par la MAGZI et l'arrivée des premiers investisseurs. C'est à ces conditions, rappelées par la MAGZI elle-même, que les 200 hectares promis cesseront d'être une ligne sur une carte pour devenir des usines, des ateliers et des emplois.
*Source : Business in Cameroon, « Cameroon Plans More Than 9,000 Hectares of New Industrial Zones by 2035 », https://www.businessincameroon.com/public-management/1906-16343-cameroon-plans-more-than-9-000-hectares-of-new-industrial-zones-by-2035, consulté le 29 octobre 2026.*
