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Festival KOUNA 2026 : « De la Négritude à la Kounatitude », la fierté bamiléké en huitième édition

17 octobre 2026 — Atipik Group

Festival KOUNA 2026 : « De la Négritude à la Kounatitude », la fierté bamiléké en huitième édition

Festival KOUNA 2026 : « De la Négritude à la Kounatitude », la fierté bamiléké en huitième édition

Publié le 17 octobre 2026 — Atipik News, Bafoussam

Il y a des mots que l'histoire transforme. « Kouna », qui désignait le porc en langue bamiléké, fut longtemps une insulte jetée aux populations de l'Ouest. Depuis 2018, il est devenu un étendard. Le Festival KOUNA, qui tiendra sa huitième édition du 20 au 28 novembre 2026 sur l'esplanade de l'Alliance Franco-Camerounaise de Dschang, en est la plus éclatante démonstration. Sous le haut patronage du Ministère des Arts et de la Culture, neuf jours de célébration consacreront le concept fondateur du festival : « De la Négritude à la Kounatitude » — la fierté, la résilience et la créativité des peuples de la Menoua.


Quand une injure devient symbole de fierté

Pour comprendre le Festival KOUNA, il faut d'abord comprendre le mot. En langues bamiléké, « kouna » désigne le porc, animal réputé peu noble. Pendant des décennies, des Camerounais d'autres régions ont utilisé ce terme pour railler, mépriser et stigmatiser les populations de l'Ouest. « Tu es un kouna » était une flèche empoisonnée, une façon de renvoyer les Bamiléké à un statut infériorisé.

En 2018, l'Association Kouna décide de retourner le stigmate. Plutôt que de subir l'injure, elle s'en empare : si « kouna » désigne la ténacité, l'endurance et la fécondité de cet animal, alors ces qualités deviennent celles du peuple qu'on voulait rabaisser. C'est une démarche universelle — des communautés opprimées du monde entier ont, à travers l'histoire, réapproprié les mots de la haine pour en faire des drapeaux. Le Festival KOUNA est né de cette audace.

Huit éditions plus tard, le pari est largement gagné. Des dizaines de milliers de festivaliers se pressent chaque année à Dschang. Le mot « Kouna » ne pique plus : il rassemble, il fait danser, il fait cuisiner, il fait entreprendre. La « Kounatitude », ce concept forgé par les organisateurs en écho à la Négritude d'Aimé Césaire, affirme une identité assumée, joyeuse et conquérante — une invitation à être fier de ses racines, de sa langue et de son histoire.


Un programme 2026 à la croisée de la culture et de l'entrepreneuriat

L'édition 2026 promet d'être la plus ambitieuse de l'histoire du festival. Neuf jours, six grands pôles d'activités, un objectif unique : célébrer la culture bamiléké sous toutes ses formes tout en la projetant dans l'avenir.

Le KOUNA d'Or : la gastronomie à l'honneur

C'est l'un des rendez-vous les plus courus du festival. Le KOUNA d'Or célèbre la cuisine de l'Ouest : le kondré, le eru, le pilé de plantains, le koki-corn et tant d'autres plats qui font la réputation culinaire des Bamiléké. Des chefs professionnels et des cuisiniers du terroir s'affrontent dans un concours festif où le public, jury gourmand, déguste à satiété. Au-delà de la compétition, le KOUNA d'Or est un acte de valorisation : il rappelle que la gastronomie est un patrimoine, une mémoire, une fierté.

KOUNA Boss : quand les jeunes entreprennent

Le festival ne regarde pas seulement vers le passé. L'Entrepreneurship Challenge, aussi appelé KOUNA Boss, réunit des dizaines de jeunes porteurs de projets venus présenter leurs idées devant un jury et un public. Agriculture, transformation alimentaire, numérique, artisanat : le concours récompense les initiatives les plus créatives et viables. Pour beaucoup de participants, c'est un tremplin — une visibilité rare et des contacts décisifs pour démarrer. Le festival fait ainsi de la culture un levier économique concret.

KOUNA Fashion et Miss & Mister KOUNA : l'élégance bamiléké

La mode occupe une place de choix. Le KOUNA Fashion met en lumière les créateurs qui réinventent le pagne et les textiles traditionnels : des défilés où les motifs du terroir dialoguent avec les tendances contemporaines. Dans la même veine, l'élection de Miss et Mister KOUNA couronne des jeunes ambassadeurs de la beauté et de l'élégance bamiléké — bien au-delà des critères physiques, c'est l'aisance, l'intelligence et l'attachement à la culture qui sont célébrés.

Danses patrimoniales : la mémoire en mouvement

Les danses traditionnelles — medumba, bend-skin revisité, danses des notables, groupes folkloriques des villages de la Menoua — ponctuent les neuf jours du festival. Elles rappellent que la culture bamiléké est vivante, qu'elle se transmet de génération en génération, et que le festival est aussi une école : les enfants de Dschang y découvrent des gestes et des rythmes qu'aucun livre ne leur apprendra.

Le sport : l'endurance des « Kouna »

Cross-country, tournoi de football inter-quartiers et, clou du spectacle, l'ascension de la Falaise de Dschang : le volet sportif du festival mobilise toute la ville. L'ascension de la falaise, site emblématique du département de la Menoua, est un défi physique et un moment de communion — des centaines de marcheurs gravissant ensemble les pentes mythiques, dans un esprit de dépassement et de solidarité.


Infos pratiques

  • Dates : du 20 au 28 novembre 2026 (8e édition)
  • Lieu : Esplanade de l'Alliance Franco-Camerounaise de Dschang (Ouest, Cameroun)
  • Patronage : Ministère des Arts et de la Culture
  • Activités : KOUNA d'Or (gastronomie), Entrepreneurship Challenge / KOUNA Boss, KOUNA Fashion (mode), Miss & Mister KOUNA, danses patrimoniales, cross-country, football, ascension de la Falaise de Dschang
  • Accès : Dschang se trouve à environ 45 minutes de Bafoussam par la route. Entrée libre pour la plupart des espaces publics ; certaines soirées et concours peuvent nécessiter des billets (renseignements sur place et via les réseaux sociaux du festival).

Un festival, une leçon

Huit éditions en huit ans : le Festival KOUNA est devenu l'un des grands rendez-vous culturels de l'Ouest camerounais. Mais au-delà des chiffres et des affluences, il porte une leçon universelle : une insulte ne vaut que par le pouvoir qu'on lui accorde. En reprenant le mot « Kouna », les Bamiléké ont montré qu'on pouvait désarmer le mépris par la fierté, répondre au dénigrement par la fête.

« De la Négritude à la Kounatitude » : le slogan de l'édition 2026 dit tout. Comme la Négritude de Césaire et Senghor avait, en son temps, transformé la honte coloniale en fierté noire, la Kounatitude transforme le stigmate en identité rayonnante. Du 20 au 28 novembre, Dschang sera le cœur battant de cette célébration — et l'Ouest entier, avec elle.

Rendez-vous à Dschang. Et soyez fiers — soyez Kouna.


Article préparé pour Atipik News — votre média culturel à Bafoussam. Sources : dossier de veille Atipik Group, octobre 2026.

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